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Pays autrefois à vocation essentiellement agricole, le Brésil a connu une forte croissance industrielle dans les décennies 1960 et 1970 lui permettant, à partir des années 1980, de présenter une économie moderne diversifiée. Cette croissance a été accompagnée d’une très forte exploitation des ressources naturelles, en particulier du charbon et du minerai de fer. Durant cette période, la production d’acier, de produits chimiques et d’automobiles a augmenté. Mais cette croissance a été doublée d’une inflation chronique et d’une envolée de la dette extérieure du pays. S’élevant à 120 milliards de dollars en 1990, elle atteint 227 milliards de dollars en 2001 et place le Brésil en tête des pays en voie de développement en matière d’endettement.
En 2003, le produit national brut (PNB) s’élevait à 480 milliards de dollars, soit un revenu annuel moyen par habitant de 2 720 dollars. Le début des années 1990 a été marqué par une sévère restructuration économique. La dette publique a été rééchelonnée et finalement réduite après un accord signé en avril 1994 entre le Brésil et ses principaux créanciers. En juillet 1994, pour lutter contre l’inflation, une nouvelle monnaie, le real, a été mise en circulation. Contrairement au cruzado, la monnaie précédente, le real ne s’est pas dévalué à toute vitesse et l’inflation a fortement régressé depuis son introduction. En effet, alors qu’elle avait été supérieure à 1 200% en 1994, et même à 2 500% en 1993, la hausse des prix n’a atteint que 20% en 1995, 5,2% en 1997, environ 0,5% en 1998 et 6,8% en 2001. Ce résultat n’a pas été acquis sans mal puisque la politique de lutte contre l’inflation est particulièrement rigoureuse, notamment avec des taux d’intérêt élevés pour éviter la fuite des capitaux spéculatifs. La croissance a atteint 4% en 1995 mais, en 2001, elle est retombée à 1,5%. La crise financière asiatique et russe de 1998 a en effet touché le Brésil de plein fouet : en janvier 1999, le real a été fortement dévalué et la croissance compromise (augmentation du chômage, reprise de l’inflation), mais il est resté relativement à l’abri de la crise qui a frappé l’Argentine en 2002, partenaire du Brésil au sein du Mercosur. Troisième espace commercial mondial après l’Union européenne (UE) et l’Alena, le Mercosur, créé par le traité d’Asunción du 26 mars 1991, est entré en vigueur le 1er janvier 1995, et connaît une remarquable montée en puissance. La rivalité traditionnelle entre le Brésil et l’Argentine a fait place à une collaboration économique et politique croissante qui permet au pays de sortir d’un certain isolement.

L'économie du Brésil est à rapprocher de son histoire : en effet, les premières formes d'industrie (exploitation du bois, canne à sucre) ont marqué durablement le paysage économique du pays. Le Brésil était en 2005 la 14ème puissance économique mondiale par le PIB. La politique de rigueur menée par le ministre Antonio Palocci, mais désapprouvée par la base électorale du président et par une partie du patronat, permet à l'économie brésilienne d'afficher une inflation maîtrisée et des excédents commerciaux historiques. Cependant, en août 2005, le prix Nobel de l'économie Joseph Stiglitz, de passage à Sao Paulo, s'est désolé que le président Lula da Silva n'ait pas opté pour « une politique plus agressive, avec un changement de la structure économique pour rendre le pays moins dépendant des capitaux extérieurs », car selon lui un pilotage économique, faisant tout pour obtenir une inflation faible et un excédent budgétaire élevé, ne garantit ni la croissance ni la réduction des inégalités sociales. Les taux d'intérêts élevés voire prohibitifs tels que les pratique le Brésil — 19,75% en août 2005 —, ne doivent être que le moyen — bien que risqué — d'une politique de croissance et non pas une fin en soi. Ces taux élevés érodent la productivité du pays qui ne connaît qu'une croissance de 3%, une des plus faibles d'Amérique latine.

I- Histoire de l'économie

Les débuts de la colonisation
La colonisation par les côtes a entraîné la découverte de plusieurs nouvelles essences de bois, dont notamment le pau brasil (bois de feu), d'où le pays tire son nom. Son exploitation fut le début d'une déforestation qui perdure encore avec des espèces actuellement exploitées encore plus nombreuses.
La plus grande partie des ouvriers des plantations est alors constituée d'esclaves.

Le XVIIIe siècle
L'économie brésilienne dont une grande part est basée sur la culture et le commerce de la canne à sucre est à ce moment perturbée par l'introduction en Europe de la betterave sucrière. En parallèle, des gisements d'or et d'argent sont découverts dans l'intérieur du pays. On assiste alors à une ruée vers l'or qui installe des villes nouvelles au cœur de la forêt amazonienne.
En même temps, des pierres précieuses commencent à être extraites des mines dans le Minas Gerais, région qui tire son nom de cette industrie.

Le XIXe et le XXe siècle
De nouvelles productions agro-industrielles viennent s'ajouter : le café et le caoutchouc. Ce dernier connaîtra cependant assez rapidement une reconversion vers la production de latex naturel en raison du développement de la production de caoutchouc à partir du pétrole dans la première moitié du XXème siècle. En 1888, avec l'abolition de l'esclavage (grandement dû à des raisons purement économiques : il devenait plus cher d'entretenir des esclaves que de payer des salaires à des ouvriers récemment immigrés), l'outil industriel commence à se moderniser lentement.
Durant la Première Guerre mondiale et dans les années qui la suivent, l'industrialisation du pays se conforte de manière importante, pour atteindre un niveau de fonctionnement industriel moderne.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la première unité de production sidérurgique est construite (1940, état de Rio de Janeiro), jetant les bases d'une économie de production de masse (automobile, pétrochimie, acier, machines-outils, aéronautique…). En parallèle, la mise en place d'infrastructures de transport et de télécommunications permet de soutenir le développement du pays, qui connaît des taux de croissance économique record jusqu'en 1974 (7,4% en moyenne).
L'afflux massif de capitaux dans les années 1970, en provenance des États-Unis, de l'Europe et du Japon a été utilisé pour subventionner des entreprises d'État et construire plus d'infrastructures dans les régions les plus pauvres, pour encourager leur décollage économique. Le résultat immédiat a été sensible : le PIB a connu une croissance de plus de 8% par an sur la décennie, malgré le double choc pétrolier. Cependant, les années 1980 ont vu un retournement de situation et le Brésil fut forcé de restreindre ses dépenses publiques. Cette situation de crise a alimenté une accélération de l'inflation et une augmentation notable du poids de la dette, avant que des mesures de rigueur économique ne soient prises pour stabiliser la monnaie.
Sur la fin de cet épisode, en 1987, le gouvernement négocia un accord avec ses créanciers pour rééchelonner le paiement de la dette, après avoir suspendu son paiement. L'accord conclu n'a pas eu les résultats espérés mais fut cependant suffisant pour que la production économique totale assure un excédent commercial permettant de couvrir les intérêts de la dette.
Dans les années 1990, le Brésil a mené une politique fiscale stricte mais les contrecoups de la crise financière de 1998 en Asie du sud-est ont fini par le contraindre à faire décrocher la monnaie, le réal, du dollar américain.

II- Structure actuelle de l'économie

1) Industrie

Énergie
La demande en énergie primaire au Brésil s'est élevée en 2001 à 238 millions de tep (tonne d'équivalent pétrole, une unité d'énergie d'un point de vue économique et industriel, en augmentation de 30 % depuis 1990. La production nationale s'est élevée à 206 millions de tep, soit un taux d'autosuffisance proche de 90 %. L'enjeu du développement de la production nationale d'énergie est très important tant pour assurer la croissance du PIB que pour contribuer à l'équilibre de la balance commerciale.
Au Brésil, la fourniture d'énergie électrique repose essentiellement sur l'hydroélectricité, qui fournit 86 % de la production totale d'électricité. Le pays est doté du potentiel hydroélectrique le plus important du monde, estimé à 255 millions de kilowatts. Il dispose avec l'usine hydroélectrique d'Itaipu, sur le fleuve Paraná de la plus grande installation du genre dans le monde.
Le pays développe aussi une filière complète dans le domaine de l'électricité nucléaire, qui fournit actuellement 4,3 % de l'énergie produite dans le pays. Il dispose pour cela d'importantes réserves d'uranium et a mis au point une technique d'enrichissement de l'uranium qui serait très compétitive.
Il a également développé sa production de pétrole, notamment grâce à des forages en haute mer. Sa production qui approche de 1,7 million de barils par jour lui permet d'atteindre l'autosuffisance à court terme.
L'entreprise nationale d'exploitation pétrolière est Petrobras, toutefois celle-ci ne dispose plus, depuis 1995, du monopole de production.
Le Brésil a également fortement développé la filière de l'éthanol, biocarburant dont il est, avec 154 millions d'hectolitres par an, le premier producteur mondial. Cet éthanol est produit à partir de la canne à sucre, ce qui permet grâce à des rendements élevés un coût de production bas, de l'ordre de 0,17 euro/l. Un plan de développement de l'éthanol prévoit une progression de la production de 55 % d'ici 2010, pour atteindre 240 millions d'hectolitres à cette échéance.

Secteurs de pointe
Le Brésil a pour ambition de se doter d'une technologie spatiale nationale. Il dispose d'une base de lancement à Alcântara, au nord-est du pays. Depuis 1997, le Brésil a connu plusieurs échecs, dont un ayant provoqué la mort de 21 techniciens en août 2003.
Le programme spatial a été maintenu et soutenu par les différents présidents sur cette période.
Le 23 octobre 2004, une première fusée est lancée avec succès, et est restée quatre minutes en microgravité.
L'aéronautique est aussi un secteur très important, avec Embraer, 4ème constructeur mondial d'avions.
Le Brésil possède aussi des compétences avancées dans le domaine médical (fabrication de médicaments génériques), le clonage d'animaux (naissance de la première vache clonée en 2001).
Enfin le Brésil affirme avoir mis au point dans son usine nucléaire de Resende (État de Rio de Janeiro) un procédé d'enrichissement d'uranium 25 fois moins cher que celui utilisé aux États-Unis.

Mines et industries
En dépit de la richesse des ressources minérales du Brésil, l’activité minière ne s’est développée que récemment. En effet, ce n’est que dans les années 1970 que le Brésil a pu résoudre les problèmes de capitaux et d’infrastructures de transport permettant la mise en valeur de ses ressources minérales. Le Rio Grande do Sol et Santa Catarina, dans le Sud, sont les principaux producteurs de charbon du pays. L’Amazone fait l’objet d’une véritable ruée vers l’or depuis 1979 qui a fait du pays l’un des tout premiers producteurs aurifères du monde. Les mines de fer d’Itabira sont parmi les plus riches du monde. Depuis le début des années 1990, le Brésil produit chaque année environ 150 millions de t de minerai de fer, soit 15% de la production mondiale, ce qui le place au 2e rang des pays producteurs de ce minerai et le premier exportateur à destination notamment du Japon et de l’Europe. Le Brésil est aussi le deuxième producteur mondial d’étain. Grâce à la diversité de ses richesses minérales, le Brésil est l’un des tout premiers exportateurs de matières premières comme le quartz ou le béryllium. Il produit et commercialise également des quantités importantes de manganèse, de chrome, de zirconium, de gaz naturel, d’argent, de bauxite (5ème producteur mondial) ou de mica. Un certain nombre de richesses naturelles brésiliennes, comme le titane, le zinc, le mercure ou le platine, ne font cependant pas l’objet d’une exploitation à grande échelle. L’exploitation pétrolière offshore au large de Rio de Janeiro permet désormais de couvrir 60% des besoins en hydrocarbures du pays.
Afin de renforcer son économie en tant que puissance industrielle mondiale, le Brésil a mis en place, à partir des années 1930, une politique de rééquilibrage de sa balance commerciale extérieure, en favorisant la production nationale. Ainsi, les industries brésiliennes offrent une large variété de produits. De plus, le Brésil dispose d’un fort secteur agroalimentaire qui transforme et exporte dans le monde entier les productions agricoles nationales. Ce secteur agroalimentaire constitue la principale branche industrielle du pays et regroupe 20% de la population active. Le pays possède également un important secteur sidérurgique et une forte industrie cimentière. Le Brésil est également un grand producteur dans les domaines du textile, de la construction automobile (notamment avec la présence de filiales des grands groupes comme General Motors, Fiat et surtout Volkswagen et Ford qui se partagent 60% du marché brésilien ainsi que Renault et Mercedes qui ont inauguré leur première usine au Brésil respectivement en 1998 et 1999), de la chimie, des équipements électriques ou encore de la construction navale. C’est aussi un des premiers fabricants de matériel militaire. L’État de São Paulo est le plus industrialisé du pays, réalisant près du tiers de la production industrielle nationale. Plus largement, le cœur utile du pays est formé par un triangle délimité par les villes de São Paulo, Belo Horizonte et Rio de Janeiro. Ces deux dernières villes, tout comme Porto Alegre ou Fortaleza sont des centres industriels majeurs.
Au début des années 1990, plus de 90% de l’électricité brésilienne était d’origine hydraulique. Les principales centrales hydroélectriques sont situées sur le Paraná, le São Francisco et le Rio Grande. Le pays dispose, à Itaipú, sur le Paraná, d’une des plus importantes centrales hydroélectriques du monde. Au cours des années 1980, le pays s’est également doté de sa première centrale nucléaire.

2) Finances
Sous la pression de la Banque mondiale, le Brésil réduit progressivement sa dette publique, qui est passée de 57 % en 2003 à 51 % en 2005. L'inflation est maîtrisée depuis 1994. L'assainissement de la situation budgétaire a conduit le Brésil à annoncer en mars 2005 qu'il n'aurait pas recours à un nouveau prêt du FMI.
Les taux d'intérêt demeurent cependant élevés : le taux directeur de la banque centrale brésilienne est de 11 % et les emprunteurs finaux peuvent être soumis à des taux de 25 %. Ces taux, qui montrent que les institutions financières craignent un retour des dérives, pèsent sur la croissance, qui oscille entre 0 et 5% depuis le milieu des années 1990.

3) Agriculture
Près du quart de la production mondiale de café provient des plantations brésiliennes des États de São Paulo, de Paraná, d’Esperíto Santo et du Minas Gerais. En 2004, le Brésil produisait 2,45 millions de tonnes de café par an, essentiellement destinées à l’exportation. Le Brésil est également dans les tout premiers rangs mondiaux pour la production de canne à sucre (utilisée non seulement pour la fabrication du sucre, mais aussi pour celle d’alcool destiné à faire fonctionner un parc automobile de 2,5 millions de véhicules), de ricin, de cacao, de maïs et d’oranges. Il produit également de grandes quantités de soja, tabac, pommes de terre, coton, riz, blé, manioc et bananes. L’élevage ovin et bovin est également bien représenté dans presque tous les États.
La forêt brésilienne recèle un grand nombre de richesses naturelles telles que l’huile de tung, le caoutchouc, l’huile de carnauba, la fibre de caroa, des plantes médicinales, des huiles végétales, des résines, des bois de construction ou d’ébénisterie. Parmi ces bois, certains ont une forte valeur commerciale comme le pin du Pananá. L’exploitation forestière s’est rapidement développée au cours des années 1970 et 1980 à mesure que l’occupation humaine gagnait du terrain sur la forêt. Cette exploitation, très extensive, ne respecte guère les équilibres naturels de la forêt amazonienne. Par bien des aspects, elle s’apparente plus à une déforestation anarchique qu’à une exploitation rationnelle soucieuse de préserver l’avenir du patrimoine écologique du pays.
Handicapée par un manque initial d’investissement, l’industrie de la pêche a tout de même pris son essor dans les années 1970. En 2001, la production annuelle s’élevait à 980 000 t, composées surtout de crevettes, de homards et de sardines.

4) Échanges
La monnaie brésilienne est le real, qui vaut 100 centavos. Le real a été introduit le 1er juillet 1994 pour remplacer le cruzeiro, fortement déprécié par l’inflation. Le cruzeiro avait lui-même remplacé, en mars 1990, le cruzado pour les mêmes raisons. La devise brésilienne est émise par la Banque centrale du Brésil, fondée en 1965 et installée à Brasilia. Le pays compte plusieurs grandes institutions bancaires comme la Banque du Brésil qui dispose de 3 300 établissements et succursales à travers le pays, la Banque nationale de développement économique, dont le siège est à Rio de Janeiro, ou encore la Banque brésilienne d’escompte qui possède 1 700 agences..
Au début des années 1990, le Brésil importait pour 20 milliards de dollars de marchandises alors que ses exportations représentaient 31,4 milliards de dollars. En 2003, les importations brésiliennes représentaient 50,8 milliards de dollars et ses exportations 73,1 milliards de dollars. Les États-Unis, principal partenaire commercial, absorbent plus du quart des exportations brésiliennes. Mais le Brésil compte aussi parmi ses clients les grandes nations industrialisées : l’Allemagne, le Japon, à qui il fournit notamment des matières premières, l’Argentine, la France, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. Les principaux produits exportés sont bien sûr le café, qui a fait la richesse du pays. Mais il y a aussi le soja, le minerai de fer, les matériels de transport (notamment automobiles à destination des autres pays d’Amérique du Sud), les constructions mécaniques (notamment le matériel militaire où il concurrence parfois durement les grands pays comme la France), le textile et les produits agroalimentaires.
Les États-Unis ont remplacé l’Allemagne comme principal fournisseur du Brésil au début de la Seconde Guerre mondiale et ont réussi à maintenir leur position jusqu’à aujourd’hui. L’Irak, l’Allemagne, le Japon, l’Argentine, la France et le Canada sont les autres grands fournisseurs du pays. Les hydrocarbures, les machines-outils, les produits chimiques et le blé constituent les principales importations.

5) Transports
Le système ferroviaire brésilien compte environ 30 403 km de voies ferrées, principalement situées au sud de Bahia. La première compagnie est la Compagnie fédérale des chemins de fer. À capitaux majoritairement publics, elle dispose de sept réseaux régionaux.
En 2000, le réseau routier et autoroutier était estimé à plus de 1,7 millions de kilomètres, concentrés au sud et au nord-est du Brésil. Moins de 10% des routes sont goudronnées ou pavées. Un réseau national de 63 000 km d’autoroutes, reliant toutes les régions du pays, est en cours de réalisation. C’est le cas de la Transamazonienne, véritable artère destinée à relier d’est en ouest les régions reculées du Brésil et du Pérou. Le développement de cet axe, au cœur de la forêt amazonienne, est l’objet de contestations de la part de mouvements écologistes qui dénoncent l’avancée de l’urbanisation au rythme de celle de la Transamazonienne. Les voies navigables intérieures totalisent 35 400 km de cours, essentiellement constitués par l’Amazone et ses affluents. Elles relient le Brésil aux autres pays d’Amérique du Sud et sont un moyen de transport essentiel pour se déplacer dans le pays. En Amazonie, les cours d’eau sont le premier moyen de transport. Sur le littoral, près de 40 ports sont utilisés pour le commerce côtier et le trafic international. Les grands ports brésiliens sont Santos, Rio de Janeiro, Paranaguá, Recife et Vitória.
Le pays compte de nombreuses lignes aériennes intérieures et plusieurs compagnies de transport aérien international.

6) Le tourisme
Plus de 5 millions de touristes étrangers ont visité de pays en 2005.
Le tourisme est le troisième produit d’exportation dans la balance commerciale brésilienne, derrière le soja en grains et le minerai de fer. Les chiffres du tourisme de 2005 ont battu tous les records. Selon la Banque Centrale du Brésil, les recettes totales ont en effet atteint 3,86 Mds de USD, soit une croissance de près de 20% par rapport à décembre 2004. Le Ministère du Travail et de l’Emploi a, quant à lui, indiqué que le secteur a généré, entre 2004 et 2006, une création de près de 600 000 emplois. En 2005, le pays a reçu plus de 5,4 millions de touristes étrangers, soit une croissance d’environ 12% par rapport à 2004.

L’Argentine, les Etats Unis et le Portugal sont les premiers émetteurs de touristes vers le Brésil. La France occupe le 7ème position. Les villes les plus visitées sont Rio de Janeiro (38,6%), São Paulo (20,8%) et Salvador (12,8%)

La politique nationale du tourisme
Le plan national prévoit 9 millions de touristes étrangers en 2007.
Depuis 1994, le gouvernement a placé le tourisme comme priorité gouvernementale. Ainsi, en 2003 un Ministère, dédié exclusivement au secteur, a été créé. Les principales actions pour le développement du tourisme sont :

  • le Plan National du Tourisme de 2003 à 2007 : ayant comme principaux objectifs l’augmentation du nombre de touristes étrangers pour atteindre 9 millions en 2007, une recette de 8 Mds USD en devises, l’augmentation du nombre de touristes internes à 65 millions, la création de nouveaux produits touristiques dans les Etats, afin de faire du Brésil l’une des 20 premières destinations touristiques du monde.

  • la Régionalisation : élément central de la Politique Nationale du Tourisme. Une Carte de Régionalisation du Tourisme au Brésil a été mise en place, découpant le pays en 219 pôles touristiques régionaux.

  • le Salon Brésilien de Tourisme : s’inscrit dans le concept de pôles touristiques régionaux ; il réunit artisanat, gastronomie, danses folkloriques, manifestations artistiques et musique de tous les Etats du Brésil.

  • le Plan Aquarelle : vise à augmenter la présence du Brésil à l’étranger. Depuis la création du Ministère du Tourisme en 2003, l’Embratur (Institut Brésilien du Tourisme), se voit attribué un rôle clef dans le développement du tourisme à l’international. Ces initiatives se traduisent par l’augmentation de la présence du Brésil dans les foires internationales, la réalisation d’ateliers, d’actions de marketing et l’ouverture de Bureaux du Tourisme Brésiliens à l’étranger.

  • les programmes publics de soutien à l’industrie touristique (PRODETUR) : investissements du Gouvernement Fédéral et des Etats fédérés dans des actions ayant pour objectifs l’amélioration des infrastructures, la formation professionnelle, la restructuration de l’administration publique, la récupération des sites touristiques et des patrimoines historiques et la préservation de l’environnement.


  • La Bahia : Etat en plein essor
    L’Etat de Bahia a placé le tourisme comme moteur de son développement économique :
    Avec son éternel climat estival, ses belles plages (1181 km de côtes), plusieurs sites historiques, dont le quartier du Pelourinho, à Salvador, capitale de l’Etat, classé Patrimoine Mondial par l'UNESCO, sa région montagneuse, la Chapada Diamantina, Bahia a placé le tourisme comme moteur de son développement économique. Une « Stratégie Touristique » a été élaborée par le Secrétariat de la Culture et du Tourisme, sur la période de 2003 à 2020, dans le but, à terme, d’attirer 22 millions de touristes et plus de 7 Mds de USD d’investissements privés Un programme de “Certification de Qualité du Secteur du Tourisme” (Qualitur) a été mis en place par Bahiatursa (agence responsable du développement touristique de Bahia). Il vise à doter les entreprises d’un certificat de garantie de bonnes pratiques, de services différenciés, attirant ainsi une tranche de consommateurs ayant un pouvoir d’achat relativement élevé.
    En 2005, le nombre de visiteurs dans cet Etat a atteint 5,2 millions et les recettes 1,8 Mds de USD. Aujourd’hui, l’Etat de Bahia est la 3ème destination pour les étr

    III-Chiffres clés

    Population active : 82,59 millions (estimation 2003).
    Population active par secteur : Services 53%, Agriculture 23%, Industrie 24%.
    Nombre d'entreprises enregistrées : 4 679 825 (2001).
    PIB : 604,8 milliards $US (2004) +4,5%.
    PIB/hab. : 3331 $US (2004).
    Excédent budgétaire : +4,5% du PIB (2004).
    Croissance : +5,2% (2004).
    Inflation : 9,3% (2003).
    Chômage : 12,3% (estimation 2003).
    Dette publique extérieure : 51,8% du PIB (2004), en baisse pour la première fois depuis 5 ans.
    Exportations : 96,5 milliards $US (2004).
    Importations : 62,7 milliards $US (2004).
    Solde: excédent de US$ 33,6 milliards $US (2004).
    IDH (indice de développement humain) : 73e mondial. IDH compris entre 0,78 et 0,88 (1995).
    Taux directeur de la Banque Centrale : 16,25% (septembre 2004).
    Lignes de téléphone : 53,8 millions (Anatel 2004).
    Téléphones portables : 57 millions (Anatel 2004).
    Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 50 (2000).
    Routes : 1 724 929 millions km (dont 94 871 km goudronnés) (2000).
    Voies ferrées : 29 706 km (dont 1 620 km électrifiés) (2004).
    Voies navigables : 50 000 km.
    Nombre d'aéroports : 3 803 (dont 677 avec des pistes goudronnées) (2003).

    III- Données récentes

    Cinquième pays du monde par sa population, treizième économie mondiale en 2005, le Brésil fait partie des pays à revenus intermédiaires inférieurs. Dans le fil des réformes libérales entreprises par le Président Cardoso, la politique vertueuse du Président Lula a permis une amélioration très nette des paramètres financiers brésiliens. Mais le Brésil reste fragilisé par le poids de la dette (plus de 50 % du PIB), même s’il a considérablement réduit sa vulnérabilité externe. L’équilibre financier de l’économie brésilienne est assuré par les investissements étrangers (20 milliards de dollars par an mais une baisse à 9 milliards en 2003, suivie d’une forte reprise depuis 2004) et par le commerce extérieur qui « tire » la croissance depuis 2001.

    Les exportations ont fortement augmenté depuis trois ans, ce qui a permis de porter l’excédent commercial à 24,8 Mds $ en 2003, 33 Mds en 2004 et 45 Mds en 2005, et d’obtenir un solde courant légèrement positif, pour la première fois depuis de longues années.

    Le Brésil a rééquilibré ses marchés d’exportation en accroissant la part des marchés non-traditionnels (+ 80 % vers la Chine, devenue, avec 6,8 Mds $ d’importations, le 3ème débouché du Brésil). Toutefois, les exportations brésiliennes s’effectuent toujours majoritairement vers l’Union européenne (à hauteur de 23 %), devant les Etats-unis (19 %). Les pays du Mercosur absorbent 10 % des ventes brésiliennes, dont 8,4 % pour l’Argentine. Notons que les exportations brésiliennes se sont accrues en 2004 et 2005 vers l’Union européenne, et, dans une moindre mesure, vers les Etats-Unis.

    Face au mouvement de défiance observé sur les marchés de capitaux au printemps 2002, le FMI a accordé, le 7 août 2002, un nouveau programme d’appui financier dont le Président Lula da Silva s’était engagé, avant l’élection, à respecter les objectifs, notamment en matière de contrôle de l’inflation et d’excédent primaire du budget. Tous les objectifs tracés par cet accord ont été respectés. En décembre 2005, les autorités brésiliennes ont annoncé le remboursement par anticipation de ses dettes envers le FMI (15,6 Mds $) et le Club de Paris (2,6 Mds $), témoignant ainsi de la bonne santé économique du pays.

    Le très haut niveau des taux d’intérêt en 2003 (plus de 26 %) s’est traduit par une croissance faible de + 0,5 %. La reprise en 2004 (taux de croissance de + 4,9%), obtenue notamment grâce à un assouplissement de la politique monétaire, s’est essoufflée en 2005 (croissance de + 2,3 %), notamment sous l’effet d’un durcissement trop rapide au premier semestre de la politique monétaire destiné à prévenir la surchauffe.

    Si le maintien de la politique économique et financière ’’responsable’’ par le gouvernement semble probable, une croissance économique mondiale soutenue, gage d’une robuste demande extérieure, et la permanence des prix des matières premières à des niveaux favorables aux exportations brésiliennes, seront déterminants pour que le Brésil sorte définitivement du ’’ piège de la dette ’’ dans lequel il est englué depuis les années 1980. Il pourra alors retrouver, à moyen terme, des marges de manoeuvre budgétaires lui permettant de financer son lourd déficit d’investissements en infrastructures, qui est l’un des principaux freins structurels à l’accélération et à la soutenabilité de sa croissance.

    IV- Situation sociale

    La transition du "Plan Real", avec la chute de l’inflation, a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des revenus les plus faibles et permis la diffusion des biens durables. Parallèlement, des progrès importants ont été enregistrés dans le domaine de la santé et de l’éducation. Mais la répartition des revenus demeure très inégalitaire et le Brésil reste, selon la formule du Président Cardoso, un pays injuste plutôt qu’un pays pauvre, classé au 65ème rang mondial pour le développement humain.

    Les inégalités sont en effet importantes au Brésil. La moitié la plus pauvre de la population recevait 14,5 % du revenu total en 2000 (contre 13 % en 1991), alors que le dixième le plus riche bénéficiait de 46 % du revenu total (contre 49 % 10 ans auparavant). Plus du tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et la classe moyenne (25 % de la population) est très vulnérable. Le Brésil est également marqué par de très fortes disparités régionales, quel que soit l’indicateur choisi. Ainsi la mortalité infantile, bien qu’en forte baisse (de 38 %), reste deux fois plus élevée dans le Nordeste que dans le Sud. Les taux d’équipement en biens durables sont deux à trois fois supérieurs dans le sud du pays. Dans les zones rurales, plus de la moitié de la population a un salaire inférieur au revenu minimum alors que ce taux est de 25 % en zone urbaine.

    On distingue traditionnellement trois Brésil :
  • Le Brésil développé. Il représente la moitié de la population brésilienne : sept Etats du sud (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná, São Paulo, Mato Grosso do Sul, Rio de Janeiro, Espírito Santo) et Brasília.

  • Le Brésil intermédiaire. Il représente un brésilien sur six : six Etats contigus, de la frontière vénézuélienne au Minas Gerais (Roraima, Amazonas, Rondônia, Mato Grosso, Goiás, Minas Gerais) et l’Amapá (frontalier de la Guyane française).

  • Le Brésil pauvre. Il représente un tiers de la population brésilienne : neuf Etats du Nordeste (Alagoas, Bahia, Ceará, Maranhão, Paraíba, Pernambouc, Piauí, Rio Grande, Sergipe) et les trois Etats amazoniens les plus défavorisés (Acre, Pará et Tocantins).


  • Depuis 1995, le Brésil connaît également une montée du chômage et du travail dissimulé, sous l’effet de l’ouverture économique et des restructurations d’entreprise. La population active au Brésil comprend 79,3 millions de personnes dont 71,7 millions ont un emploi. Le taux de chômage officiel a fortement augmenté pendant le second mandat du Président Cardoso : il est passé de 5,4 % à 7,6 % en 1998. L’application des normes internationales a fait bondir le taux officiel à 10,5 % fin 2002. Il a atteint 12,2 % en 2003 avant de diminuer en 2004. Le travail déclaré représentait seulement 45 % de la population active en 2002 après avoir atteint son niveau le plus bas en 2000 (43 % de la population active).
    Une violence croissante. Depuis le milieu des années 1990, les effets du trafic de drogue ont contribué à la montée de la délinquance et de la violence. Les puissantes organisations criminelles liées au trafic de drogue contrôlent les quartiers pauvres des grands foyers urbains. Les forces de affrontent difficilement la délinquance de voie publique et le Brésil est un des pays d’Amérique latine où le taux d’homicides est le plus élevé (20 fois supérieur à celui de la France).