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En Capoeira, il convient de distinguer deux style: la Capoeira Angola et la Capoeira Régionale.

La Capoeira Angola

"Indéfinissable." C'est ainsi que beaucoup décrivent la Capoeira Angola.

Pratiquée par les esclaves sous la forme d'une danse, la capoeira Angola ou "brincadeira de Angola" ("plaisanterie, amusement d'Angola") comme on la surnommait, prit racine au Brésil et se répandit d'une manière importante, s'avérant impossible à faire disparaître comme beaucoup le souhaitèrent.
Beaucoup d'experts sur le sujet s'accordent à dire que la capoeira Angola fut créée sur la base du "N'GOLO", une danse que les noirs d'Angola pratiquaient imitant le mouvement des animaux qui vivaient aux alentours des tribus, comme ceux du zèbre, du crocodile, de l'autruche, du singe, du lion...etc.
Toutefois, la majeure partie de ces mouvements imitaient ceux du zèbre et pour cela cette danse fut aussi appelée "danse du zèbre" et était pratiquée sous la forme de défis pour par exemple mériter l'amour et avoir le droit de se marier avec la fille du chef de la tribu ; dans ce cas, il fallait que les prétendants fussent parmi les meilleurs dans la pratique de cette danse. Le vainqueur était considéré comme "guerreiro" (guerrier) et obtenait ainsi le droit de courtiser la fille du chef pour récompense de cette victoire. Au Brésil, cette danse fut l'inspiration que les esclaves eurent pour pouvoir camoufler les entraînement de capoeira (lutte) aux yeux des gardes des plantations puis, voyant qu'ils faisaient une roda dans l'enceinte de la senzala, ils jouaient du berimbau et chantaient des musiques africaines auxquelles les gardiens ne comprenaient rien. Ces derniers pensaient : " - ils sont juste en train de se divertir..." et ainsi ils continuèrent à penser que les esclaves faisaient leur "brincadeira de angola" (appelée ainsi car la majeure partie des esclaves noirs provenaient d'Angola en Afrique, de la tribu de bantu, d'où provient aussi le berimbau).

Résistant au temps et au tentatives d'anéantissement, la capoeira Angola rencontra a Bahia son plus grand représentant récent, Mestre Pastinha, qui apprit, pratiqua, enseigna et défendit cet art dans tous les lieux où il le lui fut possible et de nos jours encore, ses enseignements sont suivis à la lettre par tous les partisans du jeu d'Angola. Mestre Pastinha disait : "Le capoeiriste n'est pas celui qui sait se mettre en mouvements mais, oui, celui qui laisse son âme mettre son corps en mouvements.". Mestre Pastinha (1899-1981) développa avec ses disciples le style Capoeira Angola, qui attache une grance importance au « jeu au sol », et pouvant être pratiqué partout et par tout public.

L’Angola offre un spectacle stratégique et mental ; chaque capoeiristes utilise sa spontanéité et sa ruse pour déséquilibrer l’autre joueur. Elle pourrait être désignée comme une partie d’échec martiale. La plupart de ses mouvements se jouent au sol et de façon lente et réfléchie. L’aspect du jeu est plus présent dans le style Angola que Régional et le rythme musical est lent. La vitesse laisse place ici à la finesse, les acrobaties à la stratégie.

L’Angola représente l’essence même de la discipline. Basée sur l’efficacité, les, jeux d’Angola sont pour le capoeiriste un moyen de tester son niveau réel.


La Capoeira Régionale

C’est en 1937 que le président du Brésil, Mr Getulio Vargas légalise la Capoeira. Un maître de Capoeira, Manuel dos Reis Machado alias Mestre Bimba (1900-1974) demanda et obtint l’autorisation d’ouvrir à Salvador de Bahia la première académie de Capoeira sous le nom de Lutte Régionale de Bahia. Mestre Bimba créa un style particulier, intégrant un but d’efficacité combattante.

Plusieurs mouvements d’arts martiaux divers se mélangèrent à ceux d’origine de la Capoeira. Ce style a pour particularité d’être très rapide et très spectaculaire ; le rythme joué par les musiciens étant rapide. C’est aussi dans ce style que l’on trouve les acrobaties.

Ce style de Capoeira est le plus connu car c’est aussi le plus médiatisé. Mestre Bimba est également à l’origine des baptêmes de Capoeira et des changements de cordes pour les élèves.


Quelques Maîtres

Mestre Bimba

Manoel dos Reis Machado, fils de Luiz Candido Machado et de Dona Maria Martinha do Bonfim, naît le 23 novembre 1899 dans le quartier Engenho Velho de Salvador da Bahia, du côté de Freguesia.

Son nom -BIMBA- provient d'un pari entre sa mère, qui soutenait qu'elle donnerait naissance à une fille, et la sage-femme qui soutenait le contraire. La sage-femme gagna le pari et le petit Manoel reçut le surnom de Bimba, nom populaire utilisé dans la région de Bahia pour désigner les parties génitales des jeunes garçons.
Il commence la capoeira à 12 ans avec pour maître et professeur un africain nommé Bentinho, alors capitaine de la Companhia Baiana de Navegaçao. Son apprentissage avec Bentinho dure environ 4 ans à la suite de quoi il commence à enseigner et donne notamment des leçons de capoeira Angola dans les capitaineries des ports de Bahia. Il exercera cette activité pendant près de 10 ans. Mestre Bimba incorporera à la capoeira Angola le Batuque, une sorte de lutte qu'il apprit avec son père, reconnu comme champion absolu à Bahia, lui donnera une nouvelle tenue vestimentaire et un nouveau style plus rapide et requérant plus d'agilité. Cette nouvelle capoeira fût nommé Luta Regional Bahiana, puisqu'elle n'était pratiquée à l'époque que dans la région de Salvador, puis Capoeira Regional alors qu'elle était déjà en forte expansion.
En 1932, il fonde sa première académie de Capoeira Regional dans l'Egenho de Brotas, à Salvador. Elle porte le nom de Centro Cultural Fisico Regional Baiano. A partir de là, Mestre Bimba commence à être connu et beaucoup lui accordent le titre de Pai da Capoeira Moderna (Père de la Capoeira Moderne).
C'est seulement en 1937 qu'il obtient la reconnaissance officielle de son académie auprès des ministères de l'éducation, de la santé et de l'Assistance Publique de Salvador, et en 1942 il fonde sa seconde académie dans le Terreiro de Jesus - rua das Laranjeiras, aujourd'hui rua Francisco Muniz Barreto, 1, où sont encore donné des cours sous la direction de son ancien élève Vermelho.
Trahi par les fausses promesses du gouvernement, manquant d'appui et souffrant de difficultés financières, Mestre Bimba meurt le 15 février 1974 dans l'Hospital das Clinicas de Goiânia, victime d'hémorragies cérébrales.
Mestre Bimba fût charbonnier, docker, charpentier... mais avant tout capoeiriste, MESTRE DE CAPOEIRA et le souvenir de son existence sera pour toujours présent dans le coeur et la mémoire des capoeiristas regionais, recevant ainsi la reconnaissance de plusieurs générations et la consécration de son génie pour sa création la plus connue : la Capoeira Regional.


Mestre Pastinha

Mestre Pastinha (1889-1982), de son vrai nom Vicente Ferreira Pastinha, est un grand maître de la capoeira. Au début des années 1930, il a donné ses lettres de noblesse à cet art véhiculé depuis des décennies avant lui par les anciens esclaves africains.
Il a créé la première école de capoeira Angola tout en établissant une méthode d'enseignement qui était basée sur les anciennes traditions. Il a aussi écrit le premier livre sur le sujet, où il expose sa propre conception philosophique de la capoeira. C'est Mestre Pastinha qui a institutionnalisé les couleurs pour les vêtemens des capoeiristes (T-shirt jaune, pantalon noir) comme uniforme et a constitué l'orchestre (la batteria) qui accompagne cet art : trois berimbaus, deux pandeiros, un attabaque, un reco-reco, un agogo.
Il a aussi formé de grands capoeiristas angoleiros comme Mestre João Grande, Mestre João Pequeno...



Mestre Caiçara

Il est une légende de la capoeira, son histoire ressemble à celles tirer dans les livres de fiction. Dans une époque où le pelourinho, quartier centre historique de Salvador, ne connaissait pas le succès d'aujourd'hui, le Mestre Caiçara dictait les règles, dans ce territoire dévolu aux prostitués, vagabonds, trafiquant et homosexuels. Tout le monde devait lui demander sa bénédiction.
Il a enregistré un des principaux disque de la capoeira d'Angola, où il exécute les divers sons du berimbau et où il chante des ladainhas, le samba de roda. Il est décédé en août 1997


Mestre João Pequeno de Pastinha (João Pereira dos Santos)


Né le 27 décembre 1912, il est le disciple de Mestre Pastinha et est à plus de 90 ans le plus vieux maître de capoeira encore en activité.
À partir de 1982, il dirige le Centro Esportivo de Capoeira Angola (CECA) au Forte Santo Antonio Além do Carmo ou se trouve également Mestre moraes.
En 1998 est décidée la réforme du Forte de Santo Antônio, à partir de cette période le maître et ses élèves vivent sous la menace d'être expulsés à n'importe quel instant de ce lieu qui pourtant accueille les joueurs de Capoeira du monde entier.
Légende vivante, figure emblématique de la capoeira Angola, Mestre João Pequeño voyage dans le monde entier chaque année où il est l'invité de nombreux festivals et stages.
Contrairement à beaucoup de maîtres de son époque, il a lui-même nommé peu de maîtres angoleiros. Parmi eux, un des fervents défenseurs de son style si près du sol : Mestre Barba Branca.








Mestre João Grande (João Oliveira dos Santos)

Un des disciples de mestre pastinha.
Il y a un peu plus de 40 ans que le mestre João Grande et il enseigne la capoeira d'Angola. Il a voyagé en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord où il enseigne actuellement dans la ville de New York.
Il a créé un échange entre Bahia et les USA



Mestre Traíra

Mestre Traíra (pseudonyme de José Ramos) est un capoeiriste de renom de Salvador de Bahia. Mestre Traira est né et à vécu comme de nombreux grand capoeiristes de l'époque dans le quartier populaire de Libertade. Il a marqué son nom dans la légende grace à son style et sa maîtrise particulière des rasteiras et cabeçadas. Dans le milieu on dit que seul Mestre Pastinha pouvait rivaliser avec lui sur la pureté des mouvements et l'efficacité de ses coups.
Mestre Traíra a participé au film d'anthologie Vadiação, de Alexandre Robatto Filho, produit en 1954.


Mestre Barba Branca

Gilberto Reis ou plutôt mestre Barba Branca a commencé la capoeira angola dans le barrio de liberdade (Salvador de Bahia), à l'âge de 13/14 ans, avec mestre Traira, élève du grand Mestre Waldemar.
Peu de temps après, mestre Traira décède ; se retrouvant alors sans mestre il rejoint le groupe de Mestre João Pequeno, élève de Mestre Pastinha, où il restera quinze ans jusqu’à obtenir son titre de Mestre en 1991.
Après s'être longtemps investi dans un projet appelé Ibéji avec les enfants du quartier de Cabula et en relation avec le célèbre terreiro de candomblé Ilé Axé Opo Afonjá, Mestre Barba Branca créé sa propre académie dans le quartier de CABULA à Salador de Bahia : Le GCAC : Grupo de Capoeira Angola Cabula.
C’est à cette même période qu’il va créer en collaboration de plusieurs autres mestres, puis présider la première association brésilienne de Capoeira Angola, l’ABCA, dont le siège se situe toujours dans le quartier du Pelourinho.
Suite à une rencontre entre le Maître et le Groupe de Lyon France en 2001 lors d’un stage à Lyon, un projet commun est né : le développement de l'académie en France sous le nom de GCAC France, aujourd'hui bien présent en Rhone Alpes (Lyon, Ardèche, Grenoble)
Aujourd'hui Mestre Barba Branca continue d'animer son académie avec ses contre-maîtres et entraîneurs : Contramestres: Olhos de Anjo - Barberinho - Sauva (Brésil) Treinels : Rato - Mão Dez (Brésil) - Tigrão (France)